WRITOBER / 2 Octobre : Emilie Rosier

 

Autrice : Emilie Rosier 

Genre : contemporain 

Amaury fermait la marche pour rejoindre le salon après le souper. Normalement, il aurait pu se retirer dès son assiette vidée, mais chez son parrain, les enfants étaient surveillés. Lui et Emma ne recevaient que rarement des invités à leur domaine et sortaient encore moins. Tout le contraire de son père et de sa marraine qui couraient les salons et jacassaient des heures avec une dizaine de personnes. Dans la pièce, près de la cheminée, Lawrence s'exerçait au violon pendant que sa mère pinçait les cordes de sa harpe tout en reprenant de temps en temps son fils sur la position de ses doigts. Matthew somnolait, avachi sur le canapé, tandis que Robert lisait assis dans une position correcte. Leur père somma alors le benjamin de se redresser et d'adopter une attitude plus digne.


    -Je m'ennuie, marmonna-t-il. 


    -Prends un livre, comme ton frère. Ou nous pouvons discuter. 


    Le garçon maugréa entre ses dents et préféra se diriger vers la petite étagère au bout de la pièce. Amaury la regarda avec une lueur d'envie. Découvrir ses titres, se plonger entre ses pages seraient de grands moments, mais dans cette pièce, la lecture lui serait impossible. Lire, il n'y arrivait que dans sa chambre, entouré de ses piles protectrices. Il se tourna vers le canapé.


Le garçon maugréa entre ses dents et préféra se diriger vers la petite étagère au bout de la pièce. Amaury la regarda avec une lueur d'envie. Découvrir ses titres, se plonger entre ses pages seraient de grands moments, mais dans cette pièce, la lecture lui serait impossible. Lire, il n'y arrivait que dans sa chambre, entouré de ses piles protectrices. Il se tourna vers le canapé.


-Parrain, je ne peux pas moi non plus aller dans ma chambre ? 


    Hayden se releva et s'assit sur la table basse et lui sourit étrangement. 


    -Une famille, Amaury, cela passe du temps ensemble. 


    -Si. Je sais qu'avec ton père, c'est compliqué. Son travail lui prend du temps, Moi, je ne suis pas ton père, je sais, Amaury, et, ce n'est pas mon rôle de le remplacer. Mais je peux tout de même t'apporter parfois une famille où tu peux bien te sentir.

Brusquement, il se jetta vers lui et appuya le front contre son ventre. Hayden ne bougea pas et, à sa surprise, ne le toucha pas. Sa marraine, chaque fois, que celle-ci réussissait à l'approcher lui frottait l'épaule ou l'embrassait. Son père agissait de la même manière avec cet idiot de Nathaniel ou Morgane. Ou n'importe quel enfant. Il s'écarta et le dévisagea, incertain de comprendre. 


    -Tu... tu ne m'as pas touché, bégaya Amaury.


    -Tu n'aimes pas cela.


    Il l'observa, encore confus, baissa la tête, puis, après quelques secondes frotta ses cheveux. 


    -Peux... bredouilla-t-il.


    -Tu es sûr, Amaury ?

Le jeune garçon hocha timidement, abasourdi de sa propre idée. Hayden hésita, sa main levée au-dessus de son crâne, puis celle-ci descendit lentement pour se poser dessus. Il ferma les yeux lorsque la caresse cessa soudainement.


    -Tu n'as pas aimé ? 


    -Je...


    Les mots ne sortaient plus, à nouveau, de sa bouche. Amaury se pencha et frotta la tête contre sa chemise en laissant échapper un faible ronronnement. Hayden lui caressa alors encore les cheveux et le son se répéta.


    -Tu aimes, alors.

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